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Valérian Guillier

Contrat doctoral 2015
ED Esthétique, Sciences et Technologies des Arts

Valérian Guillier

Thèse : Libres et communs, à l’ère du numérique, entre allégences et résistances : socio-économie des pratiques, discours et enjeux politiques de la culture

Dirigée par Martial Poirson

Valérian Guillier est titulaire d’un master "Politiques et gestion de la culture" à l’Institut d’Études Européennes de l’université Paris 8, dont le mémoire portait sur les financements alternatifs dans le spectacle vivant. Dans sa thèse, sous la direction de Martial Poirson au sein du laboratoire Scènes, Création, Savoirs Critiques de l’école doctorale Esthétique, Sciences et Technologies des Arts, il s’intéresse aux transformations de la culture du fait des technologies de l’information et de la communication, et particulièrement à la possibilité de la Culture comme Commun(s).

Les technologies de l’information et de la communication apportent de nouvelles façons de produire et d’échanger les expressions culturelles. En découle un bouleversement du rapport entre émetteurs et récepteurs de la culture, mais aussi une transformation du statut des productions culturelles. Duplicables à un coût marginal quasi-nul, leurs conditions de circulation deviennent un enjeu économique et politique. Le discours « créatif » fétichise la propriété intellectuelle, vecteur central de transformation de la valeur dans une économie "cognitive" ou "créative" (Moulier Boutang, 2010 et Wark, 2012). Ce discours, emprunt d’idéologie néolibérale, prend les statuts de l’entrepreneur culturel, un nouvel "entrepreneur de soi" précaire et créatif, comme nouveau modèle généralisé (Poirson, 2014).

Dans ce contexte, les Communs permettent-ils de dépasser une dichotomie Etat/Marché qui perd de son sens ? Les Communs analysés par Ostrom – d’abord de la nature (Ostrom 2010 [1990]), puis de la connaissance (Hess et Ostrom, 2007) – sont toujours des biens à protéger des appropriations, une communauté et des règles qu’elle se fixe pour protéger le bien. Le numérique rend les productions culturelles non-rivales, mais potentiellement toujours plus exclusives (Hess et Ostrom, 2007). Quelle vision de la culture est portée et défendue par les acteurs des Communs culturels ?

Partant de l’hypothèse que les transformations du contexte socio-technique ont engendré de nouvelles industries culturelles (dites "créatives") et la culture comme Commun(s), il s’agira de comprendre quelles proximité la Culture comme Commun(s) et les industries créatives entretiennent, et dans quelle mesure, ils sont complémentaires ou alternatifs et comment ils agissent sur les perceptions de ce qui fait œuvre, de sa valeur et de ses finalités. A l’ère du numérique, quels discours, pratiques et enjeux politiques de la culture ?

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Crédit photo : Lena Gudd, licence CC-BY-SA 4.0

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Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

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