Université Paris 8
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SABRE

Porteur du projet :
Laurent Millot

En collaboration avec :
Institut Acte
Université de Bretagne Occidentale

Le projet SABRE a pour objectif l’édification d’une base de données à partir des profils acoustiques d’une variété significative d’auditoriums, ouverte et susceptible de caractériser, au moyen d’un protocole d’essai simple et d’une procédure comparative, tout lieu où des programmes sonores identifiables sont impliqués.

L’appareil de mesure acoustique est un analyseur à Intégration de Densité Spectrale qui se distingue des traditionnels analyseurs de spectre par son organisation fréquentielle et par la nature des signaux traités, dont résulte un fonctionnement temporel également différent. Alors qu’un analyseur standard découpe le spectre audio en portions régulières, l’IDS s’accorde à la sensibilité spectrale de l’oreille humaine par un découpage irrégulier dont les bornes ont été obtenues empiriquement. Alors qu’un analyseur standard utilise des signaux stationnaires ou quasi stationnaires, l’IDS utilise les stimuli réels qu’une oreille est susceptible de percevoir dans la situation étudiée. Alors qu’un analyseur standard est « sans mémoire » du fait de l’hypothèse « stationnaire », L’IDS rend compte de la sensation d’ordre lointain, c’est-à-dire du fait que l’audition est conditionnée par les sons qui ont précédé ceux qui sont perçus à chaque instant.

En imitant, même très approximativement, certaines fonctionnalités de l’audition humaine, l’IDS en reçoit une caractéristique essentielle qui est de ne pouvoir prononcer des « jugements » qu’à l’issue d’un certain apprentissage. Pour l’audition humaine, il n’y a pas de référence, ni de standard, mais seulement des « expériences mémorisées » à quoi comparer toute perception actuelle – susceptible, quand certains critères sont satisfaits, d’entrer à son tour dans cette mémoire pour l’enrichir. La base de donnée constituée avec des profils IDS obtenus dans des situations typiques en termes de lieux et de contenus sonores, et en nombre, reproduit ce processus d’apprentissage par variation, sélection et mémorisation. À ce stade du projet, il est nécessaire que le protocole de l’essai et son contenu soient précisément définis, et surtout que des procédures de normalisation soient établies pour garantir la « robustesse » du dispositif, notamment pour autoriser son enrichissement sans fausser la « base » sur laquelle des comparaisons peuvent être effectuées.

Mais la base de données, comme toute mémoire, ne serait qu’une abstraction si elle n’était pas reliée par divers processus associatifs au monde des représentations et des actions. Pour l’être humain connecté à son milieu, ces associations résultent de son organisation biologique et de ce que Gilbert Simondon nomme « individuation », c’est-à-dire de la redistribution tout au long de son existence des connexions internes qui prolongent celles qu’il a avec l’environnement. Pour la base de donnée, ces associations doivent être explicitement programmées de telle manière que, premièrement, une catégorisation puisse être obtenue à partir des descripteurs et, deuxièmement, que des représentations efficientes puissent en être inférées.

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Le Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines est lauréat des Investissements d’avenir depuis 2011. Dans ce cadre, les membres développent des recherches selon trois axes majeurs : situations, technologies, hybridations.

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